Forum économique Forbes Afrique à Brazzaville : L’émergence des classes moyennes en Afrique en débat
Photo : Kofi Annan (à d.) et d’autres personnalités invitées.
Le magazine francophone «Forbes Afrique», lié au magazine économique américain «Forbes», basé à New York (Etats-Unis d’Amérique), a organisé, mardi 23 juillet 2013, à l’auditorium du Ministère des affaires étrangères et de la coopération, à Brazzaville, son forum annuel, sur le thème: «Emergence des classes moyennes africaines: financement des infrastructures, entreprenariat et nouveaux modes de consommation».
Placé sous le haut patronage du président congolais, Denis Sassou Nguesso, en présence de quatre chefs d’Etat africains: John Dramani Mahamat, du Ghana, Blaise Compaoré, du Burkina-Fasso, Macky Sall, du Sénégal, et Jacob Zuma, de l’Afrique du Sud, ce forum, modéré par la journaliste écrivaine belge, Christine Ockrent, avec la participation d’éminentes personnalités venues d’Europe, des Etats-Unis et d’Afrique, a abouti à des propositions de nature à élever les classes moyennes africaines, pour que les pays africains atteignent l’émergence.
Brazzaville, la capitale congolaise, était le point de mire diplomatique et économique, grâce au forum économique annuel du magazine «Forbes Afrique». D’influentes personnalités américaines, européennes et africaines, issues des mondes économique, diplomatique et politique, y ont participé. On peut citer Kofi Annan, ancien secrétaire général des Nations unies, Andrew Young, ancien maire de la célèbre ville américaine d’Atlanta, ancien ambassadeur américain auprès des Nations unies, Guy Verhofstadt, ancien premier ministre belge, Jean-François Copé, ancien ministre français, Dov Zerah, ancien directeur général de l’A.f.p (Agence française de développement), l’ancien patron de la U.b.a (United bank for Africa), le jeune Nigérian Tony O. Elumelu, président exécutif de «Heirs holding», le magnat sud-africain Patrice Tlhopane Motsepe, fondateur et président exécutif d’African rainbow minerals, Albert Yuma Mulimbi, président de la Fédération des entreprises de la RD Congo, l’écrivain français d’origine camerounaise, Gaston Kelman, l’Ethiopienne Bethlehem Alemu, co-fondatrice et directrice générale de SoleRebels, une fabrique de chaussures artisanales, écolo, internationalement connue et certifiée «commerce équitable» par la W.f.t.o (World fair trade organization), le Camerounais André Fotso, président du groupement inter-patronal du Cameroun, le Béninois Lionel Zinsou, président exécutif de Pai partners, etc.
Tout a commencé par le discours de bienvenue de Sylvain Lekaka, président du conseil d’administration de «Forbes Afrique», qui s’est réjoui de la mobilisation suscitée par l’initiative de son magazine et il a salué la présence des chefs d’Etat qui ont fait le déplacement de Brazzaville, pour participer à ce forum.
Ouvrant les travaux, le président congolais, Denis Sassou Nguesso, a appelé les dirigeants africains à stimuler la croissance et à accompagner le développement de leurs pays respectifs. «S’il est évident que les classes moyennes s’élargissent en Afrique, il ne me paraît pas tout aussi évident d’observer, passivement, ce phénomène et d’attendre de voir l’Afrique se développer en conséquence. Au contraire, il me semble, plutôt, judicieux, pour les dirigeants africains que nous sommes, de stimuler la croissance et d’accompagner le développement des classes moyennes, par la mise en œuvre de bonnes politiques. Cela aux fins de dynamiser, sur le long terme, à la fois, l’offre et la demande intérieures, de vrais ferments du développement», a-t-il indiqué.
Puis, se sont succédé, à la tribune, les présidents Macky Sall, John Dramani Mahama, Blaise Compaoré, l’ancien secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, et le président sud-africain Jacob Zuma. Ils ont tous confiance en l’avenir du continent, pourvu que le capital humain soit valorisé, l’économie libéralisée et le processus d’intégration réalisé. Ils ont, évidemment, évoqué les expériences de leurs pays respectifs en matière de développement. C’est ainsi que, par exemple, le Burkinabé Compaoré a indiqué que son pays a connu une croissance de 5%, un P.i.b (Produit intérieur brut) de 2,7% l’an, une alphabétisation de 70%, et mieux, le Burkina Faso n’est tributaire de dette intérieure et extérieure, ces deux dernières décennies. Ces succès ont été rendus possibles grâce aux réformes qui ont «libéré l’économie et le travail». Un exemple qui devrait attirer l’attention des Congolais.
Le président Macky Sall, l’un des chefs d’Etat vedette de ce forum, a délivré ce que beaucoup d’observateurs qualifient de cours magistral, en parlant de transfert de compétences sans lequel l’Afrique ne pourra pas arriver à l’émergence. Pour lui, les leviers prioritaires pour le processus de développement de l’Afrique sont: l’éducation et la formation, une agriculture mécanisée, l’énergie à coût soutenable et les infrastructures d’interconnexion entre pays africains. L’accès à l’énergie, voilà la grande bataille, car l’Afrique subsaharienne est encore loin de relever ce défi. 80% des 1,5 milliard de personnes vivent sans électricité, en Afrique subsaharienne. 48 pays africains (sur 53) produisent l’équivalent de la production d’électricité de l’Espagne.
Kofi Annan a parlé de l’intégration, tandis que le Sud-Africain Zuma a mis l’accent sur la coopération Sud-Sud.
Signalons que deux panels (interviews animées par Christine Ockrent) ont eu lieu entre les discours. Le ministre Jean-Jacques Bouya a participé au panel sur «Accompagner la croissance par l’investissement: l’opportunité des infrastructures en Afrique», tandis que Paul Obambi, président de la Chambre de commerce du Congo, a participé au panel portant sur: «les nouveaux marchés gagnants, source d’emplois et de croissances».
Conçu comme une plateforme d’échanges libres et concrets, le forum économique «Forbes Afrique» a pour ambition de réunir les décideurs économiques et politiques du monde entier ayant un intérêt commun pour l’Afrique et son développement économique et social. La salle s’est révélée toute petite pour contenir le monde venu participer à ce forum et c’est dommage que les organisateurs n’aient pas choisi la grande salle du palais des congrès pour un tel rendez-vous. Ce forum était aussi un grand moment de rencontres pour les uns et un lieu privilégié d’opportunités d’affaires pour d’autres.
Par Jrang An@go.
Commentaires
Enregistrer un commentaire